Les pics d’Ossau en 360

Atteindre un sommet quel qu’il soit reste un moment de bonheur intense car la promesse de l’exceptionnel est souvent au rendez-vous !

En montant sur le sentier bordé d’iris des Pyrénées tapissant les pâturages d’un bleu violacé sur la route d’Arrémoulit, des bribes de poésies m’accompagnaient ce matin-là. Je n’avais personne à qui parler et je récitais les fables de La fontaine qui allaient très bien dans ce cadre bucolique et fleuri. Un tableau nature à chaque regard posé sur le décor et dès que je me retournais je voyais le pic du Midi d’Ossau se lever lentement au loin entre ombres et lumières. Une vraie toile dont je n’arrêtais pas de faire des clichés. Un peu plus loin, les vaches et leurs petits paissaient de bon matin saluant de leurs cornes les randonneurs qui passaient à leur hauteur.

La nature était calme. Je faisais tranquillement la montée que j’avais faite récemment un jour d’orage. Arrivée au gros caillou avant d’entrer dans le col d’Arrious, la petite équipée qui m’attendait prit sur la droite la montée en lacet pour atteindre le col de Sobe. Avant d’arriver deux névés se succédaient mais nous les passâmes sans difficulté. Cette randonnée vers le pic d’Arriel annonçait quelques surprises qui ne tardèrent pas à poindre. En contournant le petit pic pour aller prendre l’entrée du sentier qui menait à l’Arriel, la première difficulté de taille apparut. Un gigantesque névé glacé longeait la montée et il fallait le traverser dans un dévers vertigineux pour atteindre une zone praticable sans crampon. La seule d’entre nous bien équipée tenta l’aventure. Elle chaussa ses crampons et commença l’ascension. La pente était raide et dure, elle dût abandonner. Pendant ce temps-là, nous étions montés par les falaises essayant d’atteindre le sommet pour rattraper le pic d’Arriel, mais là encore, arrivés presque au but, nous n’arrivions pas à nous frayer un chemin.

Pic d'Arriel
Ascension du Pic d’Arriel

Quand on dit que le chemin pour accéder au sommet n’est pas facile, ce jour-là, nous l’avons mesuré pleinement !

Contraints de redescendre pour reprendre le petit pic encore plus à gauche, nous empruntâmes cette fois un sentier à flanc, tantôt dans les falaises, tantôt dans les pentes abruptes herbeuses. Maintes fois, j’ai cherché un chemin plus sécurisant mais j’ai compris que la seule façon d’accéder au sommet était en prenant appui avec les deux mains et les pieds comme si j’avais à escalader une paroi.

Ce fut une longue ascension vers le sommet. Ma motivation : la vue qui s’offrait à moi dès que je prenais de l’altitude. Arrivée en haut, je longeais l’arête le long du sommet. Le spectacle était grandiose. Encore mieux que celui que j’imaginais : les pics majeurs trônaient : le Palas, le Lurien, le Balaïtous, l’Ariel, l’Ossau se détachait un peu plus loin. Autour de moi tous ces sommets enneigés, une rangée de pics en arrière plan, le Ger, l’Anayet, le Gabizos, le pic d’Anie : une vue en 360. Les lacs encore gelés à nos pieds : Arrious, arrémoulit… Quel spectacle !
Le sommet fait, la vue emmagasinée sur appareil mais aussi dans ma mémoire encore vivace, il fallait redescendre ! La descente sur ces pentes herbeuses composées de roches friables ne fut pas de tout repos.

Les images que j’ai dans la tête m’accompagneront désormais sur tous les sentiers autour d’Artouste, dans cette haute-montagne aux sommets fascinants. La nature rocailleuse de ces lieux impose la rigueur de chaque instant. Les pâturages fleuris en montée face au Pic du Midi d’Ossau sont un vrai enchantement. Ceux qui veulent se ménager ont la possibilité de prendre le train d’Artouste qui les mènera jusqu’au lac d’Artouste et monter jusqu’au refuge d’Arrémoulit à 1h30 de marche au pied du pic Palas qui culmine à 2944 mètres ou prendre la direction de l’Arriel.

Dans la même veine, la traversée des contrebandiers, une randonnée franco-espagnole permettant de découvrir cette zone jusqu’à Sarra en vallée de Tena en prenant le train d’Artouste est une autre façon d’aborder ce versant majestueux mais plus exigeant.
À ceux qui voyagent sur les sentiers, laissez-vous tenter par une de ces vues imprenables des pics de la vallée d’Ossau, vous en reviendrez conquis.

Écrit par Corinne Crabé-Permal, directrice de l'office de tourisme de Laruns/Artouste.
Accompagnée de mots et de rythmes pour décrire les couleurs de la nature, je vous emmène à la rencontre de cette vallée et de ses habitants.

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