Au plus près du Pic du Midi d’Ossau

Ce matin-là, je partais, accompagnée de bons marcheurs amoureux de leur territoire, pour une nouvelle rencontre avec le Pic. Nous étions tous enthousiastes à l’idée de faire cette randonnée, parmi les plus belles de la vallée d’Ossau. Dès le départ, je savais que j’approcherais le Pic de plus près et que je n’allais pas le regretter.

En prenant la montée qui mène au vallon de Magnabaigt, j’ai vite compris que cette randonnée autour de l’Ossau me demanderait de puiser dans mes ressources. Ce qui fut fait à la sortie du bois où je repris des forces accueillie par un troupeau de vaches qui marquait son territoire au milieu du sentier. Visiblement, nous troublions un peu leur quiétude. Juste au-dessus, des chevaux aux crinières blondes et aux belles robes de tous les tons marron autour d’une alezane se laissaient admirer au passage, posant même pour la photo. Un bien beau paysage s’ouvrait à nous, dans ce vallon de Magnabaigt en direction du col de Suzon, qui se laisse apprivoiser facilement. Laissant la cabane de Magnabaigt et des soeurs Lahitette sur notre gauche au fond du vallon, nous continuions notre marche tandis que la brume masquait totalement la silhouette que je cherchais du regard.

Il fallut passer le col, près de la raillière de Pombie pour qu’il veuille bien se dévoiler à nous. Le pic, immense, beau, planté en pleine montagne, nous montrait sa face sud-est. Nous étions au pied du monument, dans l’axe de la voie normale. Nous regardions les groupes s’enfoncer et passer la première, la deuxième et la troisième cheminée que l’on devinait. Le doigt de Pombie se détachait et au pied de cette masse imposante, je regardais les arêtes, les crêtes sans pouvoir me souvenir de toutes les dents et de tous les creux et entailles. Le pic s’imposait naturellement.

Ce matin-là, il y avait plusieurs groupes, dans les voies et  les cheminées, minuscules, à peine visibles à l’oeil nu, accrochés aux parois volcaniques.

Laisser le pic fut difficile. Il fallait continuer le périple en laissant le refuge de Pombie sur notre gauche, et gravir les trois cents mètres de dénivelé qui nous permettraient d’atteindre le col de Peyreget.  Pour moi, ce fut le passage le plus difficile. Mais du sommet, le paysage est grandiose, avec une vue panoramique sur les montagnes au loin. Une mer de nuage flotte dans le décor ce qui ne gâchait rien à la scène. Face à nous, nous découvrions le val d’Arius, le pic d’Ariel et en fond le Palas. Sur le côté, se hissaient le petit pic et le grand pic, et en contrebas, les lacs d’Ayous, un paysage sur lequel on pourrait  poser son regard longtemps.

Pour la descente dans la raillière de Peyreget, il faut faire preuve de qualités acrobatiques jusqu’à l’arrivée au lac Peyreget. La vue plongeante sur les lacs d’Ayous nous accompagne dans la descente.

Nous continuons en traversant la forêt des arazures. laissant les iris des Pyrénées tapisser la prairie environnante de bleu violacé. Le plateau de Bious-Artigues que nous surplombons dans la descente reste un des plus bel endroit de balade. Ici la nature s’ouvre sur la vallée ; les animaux en totale liberté donnent un sentiment d’harmonie qui cadence nos pas en famille, en groupe, seul.

Cette randonnée de toute beauté au pied du Pic mythique et emblématique, symbole de la vallée d’Ossau restera un des plus beau voyage pour découvrir et approcher le sommet sans le gravir.

Je conserverais durablement de cette journée autour du Pic quelques poudrées de rocailles ocres en mémoire.

Empruntez, vous aussi ces sentiers au pied du Pic du Midi d’Ossau où vous croiserez des visages emmerveillés par tant de diversité.

Écrit par Corinne Crabé-Permal, directrice de l'office de tourisme de Laruns/Artouste.
Accompagnée de mots et de rythmes pour décrire les couleurs de la nature, je vous emmène à la rencontre de cette vallée et de ses habitants.

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