Atteindre Arrémoulit par le passage d’Orteig

Il existe des lieux , comme des sommets , mythiques partout. Depuis que je suis arrivée en vallée d’Ossau, j’en ai entendu des histoires sur le passage d’Orteig. Pour les habitués, il s’agit d’un chemin taillé dans la falaise qui permet d’accéder plus rapidement au refuge d’Arrémoulit. Pour les non initiés, sujet au vertige, c’est devenu une légende qui se répand au fil des années.

Ceux qui ont approché la haute montagne s’en souviennent et mémorisent encore son aplomb, sa main courante, sa roche ocre. Cette bordure de chemin à flanc de falaise n’est visiblement pas accessible à tous, même si de là-haut la vue sur le lac y est magnifique. Sa verticalité en fait un passage aérien redouté par bon nombre de randonneurs.

En cette fin de matinée bien entamée, nous montons tranquillement le col d’Arius, le pic dans notre dos par cette belle journée de septembre. La montée est déjà assez escarpée. Au contact des pierres que nous foulons, nous sentons bien que nous entrons dans un milieu montagnard averti. Ce paysage que l’on embrasse dès que l’on se retourne est magnifique. Au pied de l’énorme rocher et de la cabane de berger, il a fait bon faire une première pause. Au beau milieu des sentiers, les brebis qui pâturent ajoutent à ce paysage bucolique un air de similitude avec les tableaux que l’on retrouve sur les sentiers menant à Pombie, autour des lacs d’Ayous ou sur la plaine de Bious.

Lac d’Artouste

C’est à l’arrivée au col au pied de falaises taillées et façonnées en dents de scie dans la roche que s’opère le changement. Nous voilà projetés en altitude au milieu d’un paysage minéral où la roche domine. Une petite montée nous amène au lac d’Arius. Entouré par les rochers et falaises découpés, le lac est revitalisant. Après une pause au bord du lac, je mesure déjà la suite du parcours en regardant la crête qu’il faudra emprunter et escalader pour arriver au fameux passage d’Orteig.

Aussitôt passé le col, la vue surplombant le lac d’Artouste est juste magnifique.

Vu de loin, j’avoue que le passage peut sembler un peu déroutant. À quelques mètres de le franchir, la vue sur le lac efface toute notion de peur et de vertige. Les couleurs que l’on emmagasine et que je perçois sont autant de petits repères et souvenirs scintillants comme cette roche entaillée que je garderai en mémoire.Passage d'Orteig

On poursuit ensuite le chemin qui serpente jusqu’à Arrémoulit. Cette balade qui revêt un caractère particulier par le franchissement du passage mérite d’être faite accompagné. En ce début d’après-midi de septembre en entamant la descente, j’ai eu la sensation d’avoir fait une balade riche en diversités de paysages. Une balade dont les couleurs et les formes feront partie de mes plus beaux moments conservés dans mon imaginaire montagne.

Photos : Nick l’Ermite (creative commons), Corinne Crabe Permal.

Écrit par Corinne Crabé-Permal, directrice de l'office de tourisme de Laruns/Artouste.
Accompagnée de mots et de rythmes pour décrire les couleurs de la nature, je vous emmène à la rencontre de cette vallée et de ses habitants.

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3 comments
  • […] d’iris des Pyrénées tapissant les pâturages d’un bleu violacé sur la route d’Arrémoulit, des bribes de poésies m’accompagnaient ce matin-là. Je n’avais personne à qui parler et […]

    30 July, 2013 16:02 || Répondre

  • Kevin Staine

    Bonjour, cette randonnée peut-être faite en combien de temps ? Elle fait combien de km ? merci d’avance.

    01 June, 2014 18:44 || Répondre

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